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Nous devons 300 millions d'Euros... Une paille !

Normal, il s'agit d'agriculture.

Bruxelles exige de Paris le remboursement de 300 millions d'euros pour des aides versées aux producteurs de fruits et légumes de 1992 à 2002. Nous avons, ou avions, jusqu'au 8 avril [2009] pour informer Bruxelles à quels producteurs et pour quel montant le Ministre entend demander le remboursement. Si ce délai est respecté, nous [ la France ] avons deux mois pour recouvrer ces sommes.

Il y a fort à parier que plus encore que la crise économique, les élections européennes vont entraîner un tour de passe-passe reportant ces remboursements sur les contribuables. Les principaux bénéficiaires, ainsi, ne seront pas dans la rue et les autres, une fois de plus, cracheront au bassinet sans même savoir pourquoi. Ni vu, ni connu, je t'embrouille...

Il va être bon de suivre l'évolution de ce dossier, car il est caricatural de la façon dont la France se glorifie d'être un des moteurs de l'Europe et, simultanément, s'assoit sur les règlements communautaires dès lors qu'elle se sent gênée aux entournures.

La Tribune du 25 mars 2009.

La France n'a jamais contesté le dossier au plan juridique. Tout au plus s'est-il s'agit de gagner du temps. Quand il a été question de jouer le Joker de la présidence - autrement dit ce privilège tout à fait officieux qui permet au pays aux commandes de l'Union Européenne pour six mois d'obtenir une certaine clémence sur un ou deux dossier délicats le concernant, Paris a préféré en faire bénéficier les pêcheurs. L'enquête sur les aides dont ils ont bénéficié pour compenser l'augmentation du prix du fuel, à la suite de violentes manifestations, a été classée.

La banane de la Martinique, également abondamment subventionnée, a elle aussi, bénéficié de l'effet Présidence.

Dans le cas des fruits et légumes, les ministres de l'Agriculture qui se sont succédé entre 1992 et 2002 n'ont pas fait dans la demi-mesure. Pour soutenir la production [ Française ] face à la concurrence européenne et mondiale, ils ont, toutes couleurs politiques confondues, couvert un système de subventions qui viole délibérément et de façon flagrante les règles de cette politique européenne qu'ils ont contribué à édicter.

Nous avons, une fois de plus et délibéremment, pratiqué la politique de la boule de neige, reportant à plus tard, et à d'autres, la résolution d'un problème.

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