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CHAPITRE 28.

Posté par le dans DES GAULOIS A TON SMARTPHONE.
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Notre petit monde d’avant dans le mixeur de la technologie.

Un des points de cette autodénigration, de cette perte d’amour de la patrie, est la technologie qui renverse le temporel.

Mon grand-père, quand il a débarqué au pays du bœuf miroton, avait un rêve français. Celui de se fondre dans cette culture, dans cette histoire, dans ce roman. Il parlait espagnol uniquement pour engueuler mon père ou sa femme quand elle passait trop de temps sur un magazine féminin alors que le café bouillait tout seul dans la cafetière. Et café bouillu, café pas bu.

Le reste du temps, il parlait français, mangeait français, jouait au tiercé français et râlait français. À peine le pied posé à Paname, il a lu en VF des biographies de généraux, des héros du roman France dans lequel il voulait se lover et couru acheter un béret et une baguette. Ça, c’était la réalité d’avant. Ça, c’était mon pépé.

Maintenant, l’arrivant s’installe et, même s’il désire s’inscrire dans un projet avec son pays d’accueil, il a tout sous la main pour ne jamais quitter son patelin de naissance tout en étant à des milliers de kilomètres de lui. La magie des paraboles, des tablettes, d’Internet, des messageries, ces merveilleux outils qui effacent le temps, les distances, qui amènent l’autre chez nous et le chez-soi chez l’autre. Le monde devient un grand salon, un open space

Mon grand-père, dans les années 50, quand il écrivait à sa famille de Buenos Aires, la lettre mettait quelques semaines. Maintenant, l’info passe en un clic et trois secondes. Tu comprends, mon ami, que nous vivons dans un autre temps, que l’espace n’est plus abordé comme un obstacle mais est tout simplement nié parce que nous pouvons nous en passer.

Et si le temps et l’espace sont niés, la culture qui en découle aussi, non ?

Est-ce que mon grand-père, Lucien, nom d’emprunt pendant la Seconde Guerre mondiale parce que Salomon ça sentait la Knacki roussie pendant cette période, est-ce qu’il aurait eu la même foi, le même engouement, la même discipline de s’exprimer en français s’il avait eu Internet et un smartphone dans la main ? Je peux douter. Mais connaissant mon pépé, je sais qu’il aurait été 100 % magret de canard même avec une connexion directe à Buenos Aires.

Ce que tu dois retenir, mon lecteur numériquement fidèle : la technologie nous impose une nouvelle façon de voir le monde, le temps, l’espace, l’information, le savoir, l’histoire, l’autre, la culture, la politique, nous. Le pacte d’assimilation à la française rend l’âme face à cette macro-interactivité entre les hommes. À nous de garder la tête froide, de ne pas s’oublier et de vivre avec notre temps.

Ce n’est pas la peine de jeter ton smartphone, ça peut servir.

Jean-Luc Mordoh.

 

La semaine prochaine, le CHAPITRE 29.

Audit sans anesthésie : notre souveraineté

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