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CHAPITRE 26.

Posté par le dans DES GAULOIS A TON SMARTPHONE.
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De 1970 à maintenant.

Nous sommes toujours sous la Ve République. Après la disparition de Gaulle en 1970, les Américains rompent les accords de Bretton Woods en 1971 qui assuraient la parité dollar/or. Jamais les USA n’auraient osé rompre cet équilibre du vivant du président français.  Jamais. Maintenant qu’il n’est plus de ce monde, le sage de Colombey, tout est permis et les Mickey dansent.

Je l’explique dans mon livre "Comment sortir de l’Europe sans sortir de table" aux éditions labourdonnaye.com. Désolé de faire de la pub, mais la rupture de ces accords est d’une importance capitale pour la compréhension de nos tourments monétaires actuels.

Les accords de Bretton Woods assuraient une parité pour le dollar nouvellement monnaie d’échange internationale. Une monnaie, mon gars, c’est d’abord un pacte de confiance entre la Banque Centrale et son peuple. Pour que tu comprennes, serais-tu prêt à changer tout ton flouze contre de la monnaie albanaise ? O.K., merci, t’as compris.

Alors entre une Banque Centrale et le monde entier, faut y mettre un container de sécurité pour avoir sa fraîche comme monnaie de référence dans le monde. Faut donner du crédit et la parité dollar/or, mieux tu ne peux pas.

Il ressort de cette négociation qu’un dollar vaut 0,33 grammes d’or. Le billet que t’avais dans la fouille à l’époque du jerk, il vaut son pesant en gold et c’est même marqué dessus en toutes lettres. Cette parité fut abandonnée en 1971, ce qui implique qu’aujourd’hui les Ricains jouent au Monopoly tout en étant les banquiers. Le meilleur moyen de gagner la partie.

Et toi, mon lecteur, le dollar que t’as dans la poche, il vaut peau de quenouille.

Vint Pompidou. C’est les années encore heureuses et insouciantes, les Trente Glorieuses, la Gitane maïs, le Tour de France, les quinze mille morts sur la route heureux de s'empaler avec leur nouvelle bagnole, la cuisine qui se métamorphose pour madame avec son plein de gadgets, les Restoroutes de Jacques Borel et ses embouteillages aux péages, nos nationales fraîchement goudronnées qui sentaient bon les départs en vacances, le centre Beaubourg, Bebel, Delon, Signoret, Gabin et la Romy qui nous faisaient rêver sur le petit écran. Une télévision qui nous donnait rendez-vous tous les mardis pour l’émission culturelle culte, "Les Dossiers de l’écran" et son Armand Jammot en ministre de la Culture.

Au Gouvernement, il y avait un ministre des Finances et de l’Industrie qui phosphorait sur une vision à long terme "Le Plan", là où tout se décidait, les grandes stratégies de l’État, le futur du pays. Une autre époque.

Giscard, c’est la majorité à 18 ans et la légalisation de l’IGV. C’est aussi une de ses réflexions pleines de bons sens qui démontraient que la vocation de l’État n’est pas de construire des avions, ni de gros bateaux. La fin annoncée du Concorde et du paquebot France. C’est le premier petit-déjeuner à l’Élysée avec des éboueurs, agents d’entretien aujourd’hui dans la novlangue, une préfiguration de cette fausse décontraction entre classes sociales qui permet, à celui d’en haut comme à celui d’en bas, de visiter un étage où d’habitude il ne met jamais les pieds mais seulement ses peurs et aprioris. C’est aussi les diamants de Bokassa, cet empereur africain à la masse qui lui a offert, ou pas, un cadeau et qui lui a planté les élections de 1981.

Mitterrand, c’est l’abolition de la peine de mort et l’ouverture des ondes pour les radios libres. Lui, dans deux siècles, les historiens s’arracheront les cheveux pour comprendre pourquoi un gars d'extrême droite a pu devenir président de la République élu par toute la gauche. Parce que recevoir la francisque de Pétain, en 1943, ce n’est pas un hasard car il fallait deux parrains pour postuler au sésame. La francisque, tu ne la gagnes pas, tu postules.

En 1945, le François était bien évidemment résistant. Si tu y ajoutes qu’il a fleuri la tombe de son gourou le maréchal jusqu’en 1993 et qu’il invitait à déjeuner assez souvent dans sa demeure, et jusqu’en 1990, René Bousquet, le grand patron de la police sous Vichy, l’architecte de la rafle du Vel’ d’Hiv’, grossiste en juifs et fournisseurs de résistants pour la kommandantur, à partager un bourguignon avec tatie Danielle et son gendre Hanin, ça commence à faire beaucoup.

François, il a entretenu son naturel durant deux septennats et le peuple de gauche, s’il y en a un, n’a rien vu ou rien voulu voir. Va falloir l’expliquer, comprendre tout cela et d’une façon politiquement cohérente. Les pauvres historiens, ils ont du boulot.

Chirac et son refus de s’engager dans la guerre d’Irak de 2003. Il a fait le strict minimum,  une seule chose, moins c’est le néant, mais il l’a bien faite. À part le musée Branly, son côté accessible, bon vivant et son amour des hommes de la terre magnifié par le Salon de l’agriculture, il n’en a pas foutu une, Jacquot. Un gros feignant.

Quarante ans de baston politique le couteau entre les dents et une grenade dans chaque poche pour gagner le poste tant convoité pour ce résultat ? S’endormir dans son transat pendant ses deux mandats après avoir dégusté sa Desperados ? Les historiens auront fort à faire avec ce cas d’histoire. 

Sarkozy, il est trop tôt pour tirer l’essence même de son quinquennat mais avec lui, ce n’est pas le résultat qu’il cherchait mais le mouvement. Et du mouvement, c’était tous les jours, jamais de pause, en flux continu et en haut débit. Il a officiellement rattaché la France à l’OTAN, filiale de la maison mère, Washington.

Aujourd’hui, c’est Hollande, il ne fait que valider toutes les décisions prises par Bruxelles comme ses prédécesseurs et fait passer le Mariage pour tous pour une cause nationale et prioritaire alors que dans le même temps, nos usines ferment et disparaissent. À chacun ses priorités.

Tiens, Bruxelles ! Un drapeau bleu azur à étoiles d’or. Ça ne te dit rien, mon amour de lecteur ?

Ce que tu dois retenir, enfant de la Ve : Charles de Gaulle est le dernier des grands hommes d’État de notre pays. Après lui, il n’y a que des managers ou des comptables. Et sais-tu à quoi l’on reconnaît un grand président français ? Au respect que les Américains ont envers lui.

Jean-Luc Mordoh.

 

La semaine prochaine, le CHAPITRE 27.

Mais où est-elle passée notre fierté, notre identité française ?

 
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